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Anecdote 25

Randonnée décollage

Lors des élections présidentielles 2002, beaucoup de gens furent surpris de voir un candidat d'extrême-droite obtenir la seconde place au classement général. L'Autriche avait ouvert la voie quelques années auparavant et avait essuyé les quolibets de nombre de pays dont la France. Evidemment, l'occasion était trop bonne pour que les journaux autrichiens ne rendent pas la monnaie de leur pièce aux journaux français. On apprit même qu'Israël exhortait les juifs français à émigrer en Israël.

Un peu partout en France, il y eut chaque jour des manifestations à l'encontre de ce candidat. J'étais avec Nicolas B., Marie ?., Cyril B., Fortunato S. et Eric G. le dimanche soir car nous avions passé l'après-midi ensemble. Nous nous étions même amusé avec Nicolas B. à remonter les Carmélites pour avoir le plaisir de les descendre. Cyril B., qui venait de finir son contrat d'apprentissage chez les camionneurs, fêtait sa libération. Il nous avait offert chichement une demi-douzaine de pizza géantes arrosées de Coca-Cola.

Je rentrais chez moi avant minuit car je reprenais le boulot le lendemain après une semaine de vacances. A peine couché, je me trouvais réveillé par mon téléphone portable. Cyril B. me téléphonait pour me proposer d'aller à Bellecour accompagner une manifestation spontanée. Déclinant l'invitation, je retournai dans les bras de Morphée. Le lendemain matin, je téléphonais à Cyril B. pour obtenir des nouvelles de sa soirée. Echange de bons procédés, il m'avait réveillé la veille, je le réveillais le lendemain...

Il était un peu déçu du nombre restreint de participants regroupés sur la place Bellecour (environ 2000) comparativement au nombre qu'avait fait une ville comme Strasbourg (environ 4000). Il me proposa de faire une randonnée le vendredi soir contre le fameux candidat. Je refusais car je ne voulais pas faire entrer la politique dans la randonnée.

Le mardi soir, nous nous retrouvions au parc pour une randonnée "décollage". Légalement, l'affichage sauvage est interdit (par une loi qui doit dater de 1971). Il n'y aurait donc aucun problème avec les forces de l'ordre si nous retirions les affiches des candidats d'extrême-droite. Il y avait Olivier G., Elise C. Lionel L. et Nicolas B. pour ce petit délire collectif. Elise C. étrennait sa belle paire de roller toute neuve. Jérôme A. et Alexandre F. était venus nous dire un petit "bonjour" avant de nous laisser pour aller manger un bout.

Nous sommes d'abord partis en direction des Brotteaux. Choux blanc. Puis nous avons obliqué en direction de la Courly ou une odeur de pizza m'a taquiné les narines. Choux blanc. Béatement, nous avons investi le 3ème. Sots que nous étions... Enfin, arrivés dans le 7ème, nous découvrîmes quelques bribes de petites affichettes collées sur une borne d'incendie, un poteau indicateur... En passant du côté de la rue de l'Université, Lionel L. s'arrêta au Pizza Hut afin d'y faire quelques commissions, soit 2 litres de Pespi. Il faisait bon soif !

Entretemps, Cyril B. nous avait téléphoné pour nous rejoindre. Nous le retrouvions sur le pont de l'Université. Il était déjà l'heure de rentrer les enfants. Olivier G., Elise C. et Lionel L. avaient leurs voitures garées à l'entrée principale du parc de la Tête d'Or. Cours de la Liberté, avenue du Maréchal de Saxe, avenue de Grande-Bretagne. Tel fut le parcours pour rentrer. Ô joie ineffable ! Nous étions tombés sur un filon ! Les colleurs d'affiche avaient mérité leurs salaires ; ce ne fut pas évident de les enlever. Premièrement, elles étaient bien collées et elles ne venaient que par minuscules morceaux. Il y eut bien la méthode de la bombe de peinture (avec le petit gant en plastique pour ne pas s'en mettre plein partout), mais elle ne donnait pas pleine satisfaction. Deuxièmement, les colleurs d'affiches savaient grimper. Et vous avez déjà essayé de porter quelqu'un sur vos épaules alors que vous êtes en roller ? Nous l'avons fait ! C'est casse-gueule, mais ça le fait bien.

Nous profitions également de la soirée pour dérégler quelques rétroviseurs de voitures qui confondaient trottoirs et passages piétons avec parking. A l'arrivée au parc, Jérôme A. et Alexandre F. nous attendaient. Jérôme A. s'était planqué derrière une voiture pour nous surprendre. Effectivement, il m'a bien surpris. L'abruti.